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Cas d'usage
Au guichet de la CPAM, la parole ne vient pas : la carte glissée avec la carte Vitale dit à l’agent qu’il peut passer à l’écrit

Au guichet de la CPAM, la parole ne vient pas : la carte glissée avec la carte Vitale dit à l’agent qu’il peut passer à l’écrit

Une carte glissée entre la carte Vitale et l’attestation, tendue à l’agent du guichet, et le silence d’Éloïse cesse d’être pris pour un refus : l’agent prend un stylo, tourne l’écran, et le dossier avance sans qu’elle ait à produire un mot.

Ce cas concerne une adulte de 27 ans pour qui la parole se bloque devant un inconnu, surtout dans un lieu public où la file attend derrière. Le profil est préparé par elle-même, et il s’adresse à l’agent d’accueil d’une agence CPAM, qui traite des dizaines de demandes par jour.

Le moment vécu

Mardi, 9 h 40, agence CPAM du centre-ville, ticket B 112 à la main. L’écran affiche le guichet 4. Éloïse s’avance, pose sa carte Vitale sur le comptoir, ouvre la bouche. Rien ne sort. Elle l’a pourtant répété dans le tram : changement de RIB, remboursements qui n’arrivent plus depuis deux mois. Derrière elle, la file s’allonge, un téléphone sonne, la vitre amplifie les voix. L’agent, Patrick, répète sa question un ton plus haut, puis un ton plus bas, puis regarde l’horloge.

Elle sort alors de la pochette de sa carte Vitale une petite carte à QR code et la pousse sous la vitre. Patrick la scanne. Il lit quelques phrases d’Éloïse : elle entend très bien, elle comprend tout, mais sa voix se ferme face à un inconnu, plus encore sous pression. Ce qui l’aide, c’est un stylo et une feuille, ou un écran tourné vers elle, et des questions auxquelles on répond par oui ou par non. Ce qu’il faut éviter, c’est de répéter, d’attendre en la fixant, de lui conseiller de se détendre.

Patrick glisse une feuille et un stylo dans le passage, tourne l’écran de saisie. Éloïse écrit l’ancien RIB, coche le motif, pointe la ligne du formulaire. Les questions se réduisent à une seule : c’est bien le compte fermé en janvier ? Elle hoche la tête. Onze minutes plus tard, la demande est enregistrée et le récépissé imprimé. La file n’a pas attendu plus qu’un mardi ordinaire. Éloïse range la carte dans la pochette, à sa place, avant de sortir.

  1. Vous l'écrivez
  2. Le QR est posé
  3. Le lecteur scanne
  4. Compris, sans réexpliquer

Où placer le QR pour ce cas

Au guichet de la CPAM, tout se joue dans les premières secondes, quand l’agent a déjà posé sa question et que la file regarde. Le QR doit donc voyager avec le document que l’agent demande en premier, la carte Vitale, et pas dans un sac qu’il faudrait fouiller devant tout le monde.

  • Carte au format carte bancaire, glissée dans la pochette de la carte Vitale : elle est tendue avec la carte, sans geste en plus ni mot à dire.
  • Autocollant au dos de l’attestation de droits ou de la chemise de documents, pour les jours où l’on vient avec un dossier papier.
  • Capture d’écran du QR en favori dans le téléphone, pour le moment où l’on montre simplement l’écran à l’agent.
  • À écarter : le QR collé sur la carte Vitale elle-même, qui doit rester intacte et lisible par le lecteur, et le badge porté autour du cou, qui désigne la personne plutôt que l’échange.

L’idée est de donner à l’agent un geste simple, scanner puis lire, sans que la personne ait à se justifier à voix haute devant le guichet voisin. Si l’agence fonctionne sur rendez-vous, le lien peut aussi être envoyé par message avant la venue.

Modèles de texte pré-écrits

Les trames ci-dessous servent de point de départ pour remplir les rubriques du profil. Reprenez-les avec vos mots : la façon dont votre silence se manifeste et ce qui le fait céder vous appartiennent, et c’est ce détail qui rend la fiche utile à l’agent. Le profil se crée sur myHandiQR et se modifie à tout moment.

Pour la rubrique « Présentation »

« Je m’appelle [prénom], j’ai [âge] ans. J’ai un mutisme sélectif : face à un inconnu, surtout en public, ma voix se bloque, alors que j’entends et je comprends tout. Ce n’est ni de la timidité ni du mépris. Je viens pour une démarche précise, et je peux la mener à bien par écrit. »

Pour la rubrique « Comment aider »

« Passez-moi un stylo et une feuille, ou tournez l’écran vers moi. Posez des questions fermées, auxquelles je réponds d’un geste, par oui ou par non. Laissez-moi le temps de commencer, sans me regarder fixement. Si la démarche demande un échange plus long, proposez-moi un rendez-vous ou un contact par courriel. »

Pour la rubrique « À éviter »

« Ne répétez pas la question plus fort. Ne remplissez pas mes silences à ma place et ne concluez pas que je refuse. Ne me demandez pas de me détendre ni de faire un effort. Évitez de commenter devant la file : je vous entends très bien. »

Pathologies concernées par ce cas

Le mutisme sélectif est la fiche principale, avec l’anxiété sociale qui l’accompagne souvent. Les mêmes aménagements (écrit, questions fermées, temps laissé) servent aussi à des personnes aphasiques, bègues ou submergées par le stress d’un guichet.

Cas similaires

Les cas ci-dessous partagent la même mécanique : un agent découvre la personne en dix secondes, sans transmission, et la façon dont il ouvre l’échange décide de la suite de la démarche.

J'essaie, sans CB