Brouillard, cheville tordue, casques et voix fortes : la carte sortie du sac dit au secouriste du PGHM de dire le prénom avant de poser la main
Une carte plastifiée dans la poche zippée du sac à dos, sortie par le secouriste du PGHM dès qu’il s’agenouille près de Matteo, et l’évacuation commence par un prénom et des phrases courtes, pas par des mains posées sans prévenir.
Ce cas concerne un jeune adulte de 24 ans porteur de trisomie 21, qui randonne avec sa famille ou son groupe. Le profil est préparé par un parent et s’adresse aux secouristes en montagne, qui ont peu de temps et rarement du réseau.
Le moment vécu
16 h 40, au-dessus du refuge, le brouillard est tombé en vingt minutes. Matteo, 24 ans, a glissé sur une dalle mouillée et sa cheville ne le porte plus. Assis dans les cailloux, il ne répond plus à son oncle. Quand l’hélicoptère se pose plus bas et que deux gendarmes du PGHM remontent, il serre son sac contre lui et fixe ses chaussures. Les casques, les voix fortes, la couverture de survie qui claque : tout arrive d’un coup. Le secouriste demande son nom, sa douleur, ce qu’il a mangé. Silence.
Gaëtan ouvre la poche zippée que l’oncle lui désigne : « Il a une carte. » Il scanne. Il lit ce que la mère de Matteo a écrit. Phrases courtes, une idée à la fois. Il se fige quand on le presse ou qu’on parle de lui par-dessus sa tête. Il dit oui à tout quand il a peur, même quand il a mal. Il faut dire ce qu’on va faire avant de le faire, et lui faire montrer la douleur du doigt au lieu de demander où ça fait mal.
Gaëtan s’accroupit à sa hauteur, dit « Matteo », annonce : « Je regarde ta cheville. Je touche doucement. » Matteo montre. L’attelle se pose, le brancard se prépare, et pendant l’hélitreuillage l’oncle reste dans son champ de vision, comme la fiche le demande. Le médecin du SAMU, à l’arrivée, reçoit le message en deux phrases, sans qu’on ait eu à raconter la journée.
- Vous l'écrivez
- Le QR est posé
- Le lecteur scanne
- Compris, sans réexpliquer
Où placer le QR pour ce cas
En montagne, le QR doit survivre à la pluie, au froid et à la chute, et être trouvé par quelqu’un qui porte des gants épais et dispose de trente secondes. Il doit aussi se lire quand le réseau est faible : gardez toujours une version papier des trois lignes essentielles.
- Carte plastifiée dans la poche zippée haute du sac à dos, toujours la même d’une sortie à l’autre, que les accompagnateurs connaissent par cœur.
- Étiquette cousue à l’intérieur du col de la veste, parce que le sac peut rester sur le sentier pendant que Matteo est évacué.
- Bracelet en silicone au poignet pour les sorties d’été, quand la veste reste au fond du sac.
- Trois lignes écrites à la main au dos de la carte (prénom, « phrases courtes », numéro du parent), lisibles sans réseau ni téléphone chargé.
À exclure : la poche extérieure du sac, qui s’ouvre ou s’arrache dans une glissade, la coque du téléphone, dont la batterie lâche avec le froid, et le papier simple qui finit en pulpe sous la pluie. Prévenir le gardien du refuge la veille avec le lien complète le dispositif, car l’équipe de secours passe souvent par lui pour joindre la famille. Le QR informe le secouriste, il n’étiquette pas Matteo devant le reste du groupe.
Modèles de texte pré-écrits
Trois trames pour remplir les rubriques du profil. Réécrivez-les avec vos mots : la façon dont votre enfant réagit quand il a peur est ce qui rend la fiche utile à un secouriste qui ne le connaît pas.
Pour la rubrique « Présentation »
« Je suis la mère de Matteo, 24 ans, porteur de trisomie 21. Il randonne depuis l’adolescence. Il comprend les phrases courtes et les gestes montrés. Sous le stress, il se fige, ne répond plus ou dit oui à tout, même quand quelque chose ne va pas. »
Pour la rubrique « Comment aider »
« Dites son prénom avant chaque phrase. Annoncez ce que vous allez faire avant de le faire : je regarde ta cheville, je touche doucement. Demandez-lui de montrer du doigt. Gardez une personne de confiance dans son champ de vision et laissez-lui son sac contre lui tant que c’est possible. »
Pour la rubrique « À éviter »
« Pas de questions auxquelles il répond oui par réflexe. Ne parlez pas de lui à la troisième personne devant lui. Évitez les gestes brusques et les longues explications pendant la manœuvre. Ne le séparez pas de son accompagnant sans le lui dire d’abord. »
Pathologies concernées par ce cas
Ce cas concerne d’abord la trisomie 21 et l’anxiété qui s’y ajoute dans les situations inhabituelles. La même carte aide aussi une personne autiste ou avec une déficience intellectuelle qui se fige sous la pression quand un adulte inconnu doit intervenir vite.
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